Nous baignons dans un certain confort depuis notre arrivée, le groupe nous permet de faire bosser nos abdos comme ils n’ont que rarement l’occasion de le faire, les hébergements sont au top, la nourriture excellente, et les touches présentes au point de n’avoir qu’une question en tête au moment de nous endormir : est-il possible de passer le cap des 100 captures dans la journée ? Je nourris quelques doutes, mais l’optimisme légendaire de Sylvain finit par me convaincre : demain, nous en capturerons 100.

Nous voilà donc en piste pour un nouveau jour de pêche. La météo semble vouloir nous laisser opérer dans les meilleures conditions qui soient, et le trio jambon-chorizo-rhum commence à faire son office sur le bon équilibre du Ranger… bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes :

Nous reprenons la dérive que nous avions laissée la veille au soir, et le premier joli sandre pointe le bout de son nez avant même que le soleil n’ait pu commencer à nous cuire :

Nous avons réussi à définir le placement des poissons en déroulant une pêche sans nous retourner et sans revenir sur les ruches la veille. Les postes qui abritent les plus grandes densités de poissons et où les doublés sont fréquents sont identifiés. Les légères –mais constantes- différences de profondeurs de placement des sandres en fonction des postes sont également notées : ils n’évoluent pas à la même hauteur en fonction de s’ils sont dans les lignes droites du bras principal, ou au contraire un peu plus à l’intérieur des baies.

Côté leurres, malgré les fréquentes (re)tentatives avec des valeurs plutôt sûres telles que ZPS et Forktails, ce sont les Slicks en 11 qui offrent la plus grande régularité et la meilleure qualité de touches…

Bref, le boulot de définition du périmètre d’une pêche efficace est abattu, et il reste à dérouler en optimisant, chose que nous nous attelons maintenant à faire…. et ça rentre :

Parfois même en double, tous les deux pendus au même instant :

En pratique, il s’agit d’une pêche que l’on peut qualifier de plutôt facile, mais comme toujours, il existe une différence de taille entre un pêcheur en capacité de prendre des poissons en nombre (et dont la journée se terminera dans une grande satisfaction), et un pêcheur capable d’en prendre vraiment beaucoup.

Le contexte est idéal pour mettre en évidence les différences. Lorsqu’on promène ensemble le même couple Eel head / Slick 11, et que le pool de touches est suffisamment important, il n’y a pas de hasard : la différence du nombre de frappes est forcément liée à des différences notables dans la manière de pêcher.

L’exercice qui consiste à essayer d’isoler au mieux petits riens qui impliquent nos inégalités de résultats constitue peut-être ce qui me plaît le plus à la pêche, et le cocktail d’ingrédients en place sur cette journée (poissons mordeurs, activité cernée et co-angler plus qu’efficace) est de nature à me combler. J’aime définitivement le sandre, pour les mêmes raisons que j’aime la truite, principalement en raison de ces aspects-là.

Fort heureusement, j’ai eu la présence d’esprit de ne pas procéder à toutes les corrections nécessaires, m’épargnant ainsi la confrontation avec tout et n’importe quoi, et je me félicite encore en écrivant ces lignes de ne pas avoir eu à manipuler ce genre de truc, qualifié en toute mauvaise foi de « plus noble cyprinidé qui soit » par un Sylvain probablement déshydraté…

 

Pour ce qui concerne le compte, avec 30 poissons au bateau au moment de la pause de mi-journée, nous nous sommes vus mal partis… et puis la régularité des touches aidant, nous avons finalement réussi à nous approcher du compte au fur et à mesure que le soleil descendait vers l’horizon…

… pour finalement n’avoir pas à pousser jusqu’à la nuit pour atteindre le total convoité…

Une dernière dérive permettra de dépasser la centaine convoitée, juste histoire d’écarter toute potentielle erreur de comptage. Il ne restait alors qu’à rejoindre la mise à l’eau, puis le gîte, pour aller aspirer un bon repas et quelques bières en compagnie des copains qui avaient eux aussi passé une excellente journée sur l’eau.

Ce coin d’Espagne ressemble pas mal au paradis…