Lorsque l’on se rend pour la première fois dans la région d’Orellana, on ne peut qu’être fasciné par l’immensité du terrain de jeu halieutique à sa disposition ; c’est trois lacs sur le Rio Guadiana et deux sur son affluent rive gauche le Zújar. En voici une description rapide, en oubliant Orellana et Garcia de Sola déjà évoqués dans les deux  derniers articles 1 et 2.

Tous ces lacs artificiels ont été construits pour la production d’électricité et/ou l’irriguation des cultures d’oliviers, de tomates, d’arbres fruitiers mais aussi de maïs et de riz…oui, vous avez bien lu !!!

Cependant, après trois années de sécheresse, les conséquences apparaissent sur les deux lacs les plus en amont de chaque cours d’eau.

 

 

Le niveau de Cijara, le lac le plus en amont sur le rio Guadiana, est tel que la Soner Euro Cup devait se délocaliser sur Orellana cette année pour assurer une naviguation en toute sécurité.

Nous abandonnons l’idée d’une journée sur ce lac.

 

 

 

 

Le lac de La Serena n’est pas mieux loti. C’est un lieu exceptionnel, voir mythique, où tous les centres réalisent de belles pêches (souvent difficiles) aux brochets métrés sur des zones assez précises (forêts d’eucalyptus plus ou moins immergées, pointes rocheuses…).

 

 

Malheureusement, une partie de cette population de pike hyperprotéinés n’a pas pu ou su s’adapter à la modification de leur biotope: Sébastien Merieau (guide chez https://www.pescaextremadura.com/ ) nous a décrit la mortalité d’une partie de cette population de poissons trophées, et le fait que Stéphane Quinton (http://www.extremaduraprofishing.com/ ) avait, lui aussi, constaté cette mortalité. Si les causes peuvent être multiples, ces poissons ne semblaient pas avoir subi de catch and release.

Nous ne pêcherons pas le brochet (essayons de préserver au maximum ce qui reste de cette formidable génétique), mais on passera une superbe journée aux barbeaux dans un décor lunaire poussé à son paroxysme.

Situé juste sous La Serena, le lac Zújar est son parfait opposé : un petit lac (à l’échelle locale) bordé d’eucalyptus où l’on se sent chez soi. Notre journée surtout consacrée aux barbeaux y sera écourtée à cause d’une météo orageuse. Après deux retours forcés à la mise à l’eau, nous abandonnerons la partie ; on ne joue pas avec la foudre.

Si la succes story d’Orellana a été initiée en France par les images de ses gros brochets, d’autres espèces méritent à elles seules le déplacement, avec bien sûr le black bass en tête de liste.

Passons rapidement sur l’aspect matériel avant de retrouver nos chers poissons.Pour les pêches (hors brochet) et en complément de la Terminator Versatile Soft ; deux « nouveautés » sont du voyage :

– une Gunki Chooten C190 MH dédiée principalement à la verticale, associée à un Revo X

– une Benkei bis 722 MH/FLE, la seule canne spinning avec un stradic Ci4+ 2500hg équipée d’une tresse G Soul X8 Upgrade Pe1,2, un Pe un peu fort pour la plage d’utilisation de la canne en linéaire mais hyper agréable à utiliser.

Pour les bas de ligne, toujours du Trilène Fluorocarbon en 25 voir 27/100 sur deux longueurs de canne.

Classiquement pour le black bass, nous attaquons le matin aux leurres de surface en alternant les modes de vibrations : stickbait (Rattlin Spook) versus popper ou leurres à hélice. A ce petit jeu, c’est un Choppo 90 perfect ghost qui assurera l’essentiel de mes suivis et touches avec des poissons compris entre 20 et 30 cm.

Avec la matinée qui avance, nous explorons différents niveaux de la couche d’eau au spinnerbait…Ma sélection étant fortement orientée brochet, Bastien (notre guide du jour) nous propose des War Eagle parfaitement adaptés à la prospection autour des herbiers, avec une mise en mouvement des palettes dès le contact avec la surface.

Là encore, la taille des prises reste modeste. C’est ainsi que certains sont tentés d’augmenter artificiellement leur poids via quelques substances d’origine végétale (parfaitement légales, je vous rassure). Ce tapis de végétaux va offrir à Patrick une superbe touche : une cartouche inoubliable, l’impression de rencontrer un mur puis plus rien, un grand vide laissé par une tresse qui vient de claquer… un effet stupéfiant qui va l’empêcher d’observer l’énorme black bass bondissant hors de l’eau tout en recrachant le spinnerbait : « una vaca vaca » selon Bastien, qui a un peu d’expérience dans ce domaine…:))

 

Finalement, c’est une cession avec Sébastien et un cranckbait (un Bswitcher 2.0 delta craw) qui offriront à Patrick un superbe black bass de 57 cm ; une action de pêche remplie d’émotions où nous pourrons observer deux bass en pleine compétition alimentaire lors du combat : le second de taille identique nageant en parallèle du poisson ferré pour essayer de prendre le leurre.

Globalement, nous avons consacré peu de temps à la quête du bass, on y retournera plus sérieusement, les lacs du Guadiana offrant un potentiel remarquable.

Il est loin le temps où je pêchais le Barbus barbus dans la Moselle ou la Meurthe en culotte courte. J’ai redécouvert ce sympathique poisson l’année dernière avec Pablo Chaves. Ici, nous rencontrons deux espèces de Luciobarbus : le comizo et le becerro.

Le comizo est une espèce endémique et se caractérise par une tête allongée avec une bouche orientée vers l’avant. C’est un « carnassier » pouvant atteindre des poids record au-delà des 5-6 kg. Cependant, les très gros spécimens sont difficiles à prendre. Selon Bastien, quelques uns se font surprendre par les carpistes sur Orellana.

La morphologie du becerro se rapproche de celle de notre barbeau, avec une tête plus ronde, une petite bouche orientée vers le bas et des nageoires noires. S’il n’atteint pas les tailles record de son cousin, c’est une véritable petite bombe au bout de la ligne.

Sur Zújar, une cession en verticale nous permet de toucher sur la dernière dérive avec des one up slim 4’’ : un comizo pélagique et un petit channel catfish sur le fond. Une surprise cachée dans un banc de barbeaux détecté au sondeur (instrument indispensable pour ce type de pêche).

Désolé pour la qualité de ces deux photos….Zeus est à nos trousses (le dieu, pas le chien si cher à Tom Selleck) et nous presse de filer à la mise à l’eau…

 

A La Serena, le pattern fut assez simple : pas besoin d’électronique embarquée,attendre que le vent se lève, pêcher la bordure exposée avec pour seule exigence technique : poser son leurre à quelques centimètres du bord.

Le Deep Diving Chubby 38 (coloris ayu et vairon) est parfait pour cette pêche. Penser à changer les triples qui sont trop fins de fer (tous finiront soit ouverts, soit cassés), en faisant attention à ne pas perturber l’équilibrage du leurre. La Benkei (utilisée sur sa plage basse avec ce cranck de 4,7gr) sait se faire oublier tout au long de la journée par sa légèreté et son confort de prise en main, avec une bonne réserve de puissance pour maîtriser les rushes, tout en préservant les sensations.

Ndlr : penser à offrir à son super copain de pêche un stage cadrage avant le prochain séjourmais selon les témoins, seule mon attitude serait en cause..:))

Un poisson à découvrir ou redécouvrir, je ne peux que vous encourager à prendre une journée lors de votre séjour en Extrémadura pour profiter de sa pêche aux leurres. Si j’osais la comparaison, c’est aussi varié techniquement que le sandre, mais pour les sensations via les touches (y compris en surface) et le combat : pépère zander est hors jeu…

Notre pépère zander est maintenant bien implanté sur le barrage le plus en aval du Rio Guadiana, c’est à dire Orellana, après avoir colonisé Garcia de Sola.

En cherchant le brochet, nous sommes régulièrement « harcelés » par des sandres, généralement de taille modeste (± 55 cm) mélangés à quelques jolis spécimens.

Ni la taille (150 mm), ni le poids (62 gr pour un swim shad) des leurres n’entravent la qualité des touches sur les «pics d’activité» : les leurres sont parfaitement aspirés.

Les prises sont bien grassouillettes et certaines régurgitent des proies: ce sont des sandres de 8-10cm dont la digestion a déjà débutée, mais parfaitement identifiables. Ils ne sont donc pas actifs sur ces proies au moment de leur capture.

Cependant, nous essaierons à plusieurs reprises de passer en verticale pour tenter d’améliorer la quantité en se rapprochant au mieux de ce fourrage : le Slick Shad young perch 9 cm monté sur une TP Vertical Spi brown donnera quelques poissons. Les diverses options retenues comme la modification de la vitesse de dérive, du poids des TP ou le passage en finesse ne nous permettent pas d’atteindre l’objectif quantitatif.

Les pêches en linéaire avec les Slick Shad 9-11 cm montés sur des TP Tactical ne seront pas plus concluantes….

Explorer les phases crépusculaires de la journée avec ces techniques aurait pu être pertinent, mais nous avions décidé de réserver le coup du soir pour le brochet, et pour le coup du matin…nous avons eu peur d’épuiser les guides :))…

L’hypothèse à ce comportement diurne :c’est que Pépère s’est gavé toute la nuit de petits congénères et daigne seulement se déplacer en pleine journée pour «the icing on the cake» : un gros leurre aussi gras que lui.

Pour illustrer mes propos, voici le leurre qui remporte le césar du plus petit sandre au bateau: 30 cm grand max. sur un Westin Shad Teez Slim headlight 22cm avec une tête à visser Corkscrew Bullet 25 gr. Un up sizing pratiqué par Patrick afin d’éviter les sandres!

 

 

Finalement, si je devais résumer cette pêche estivale pour le sandre : faites simple, pêchez Lucio avec des Nitro Shad 150 et Lucioperca viendra à vous. Romain alignera 14 sandres en un après-midi sur ce leurre, et avec un peu de chance un 73 cm s’invitera au Nitro Zander Festival…

Alors, si vous hésitiez encore à faire le voyage en Extremadura…lancez-vous! Mais attention…on devient vite addict!!

Merci à toute l’équipe de Pesca Extremadura et rendez-vous cet automne!!