Après un voyage reporté en mai pour cause de confinement, nous voici de retour en Espagne chez Pesca Extramadura https://www.pescaextremadura.com/, en team réduite à seulement deux pêcheurs.

Commençons par le sanitaire, nous avons réalisé volontairement un test PCR Covid juste avant notre départ et un second à notre retour.Une analyse simple, non douloureuse à réaliser lorsque l’on souhaite voyager hors de sa zone résidentielle avec un peu de bon sens. C’est une garantie pour soi-même, mais aussi et surtout pour autrui, lorsque l’on se déplace dans une zone verte Covid, comme l’Extremadura.

Après avoir rogné son fluorocarbone durant le confinement, le point positif : c’est que l’on a eu du temps pour organiser ses boites dans les Voyager Fox Rage.

Question cannes à broc, les Terminator sont du voyage :

-La Versatile Soft avec un Revo SX équipé d’ une tresse Varivas High Grade PE X4 type II en Pe1,5,bas de ligne de discrétion de 4 mètres en Trilène Fluorocarbon 35/100.

-La Swimbait Special avec un Super Duty 300 (top,rien à redire) équipé d’une tresse Varivas Super PE diam 0,35,bas de ligne de discrétion de 4 mètres en Trilène Fluorocarbon 40/100.

Les bas de lignes sont en Fluorocarbon Leaders 75/100: un bon compromis, jamais coupé.

Pour ce séjour, nous avons souhaité sortir du full pike. Ce sera chose faite avec en bonus, la rotation avec les trois guides présents, initiative fort sympathique.

Depuis quelques jours sur Orellana, le coup du matin est moins favorable pour le brochet, le midi intéressant et le soir prometteur: on s’adapte…

Petit café chez Rosa ( Restaurant El Velero) vers 8h30, on discute avec Benjamin guide chez http://www.extremaduraprofishing.com/ de Stéphane Quinton avant d’embarquer pour une journée no limit…fin d’action de pêche vers 20h00…voir plus. Sept jours et demi à ce rythme, c’est le pied total…associés à quelques overnight accompagnés de potions réhydratantes, on terminera le séjour avec une certaine fatigue, l’esprit bien vidé, excellent pour le moral.

Assez discuté, passons à notre sujet : La recherche de Maître Esox sur Orellana et Garcia Sola.

Petit point météo au 09 août 2020, premier jour de pêche via la Station de Don Benito située à 40 km à l’ouest d’ Orellana la Vieja (source :www.meteociel.fr).

Avec des températures de 35/36 °C en journée voir plus, une eau à 30°C en surface, les pressions sont hautes et stables  :le programme de base est assez simple.

On pêche les pointes rocheuses en grattant le fond ainsi que les plateaux. La sortie de ces derniers est gérée via une récupération linéaire régulière,lente sans animation au dessus de la cassure. L’action de pêche se termine par un passage en verticale de quelques secondes, afin de tester un éventuel brochet suiveur.

Orellana

Pour les zones profondes (parfois plus de 30 mètres),on peigne lentement la strike zone des 8/12(maxi) mètres avec comme base toujours la régularité de la récupération et l’absence d’animation.

Garcia Sola

Ceci peut sembler trop réducteur, mais les recommandations des guides seront validées tout au long du séjour : l’absence d’animation à la canne et la récupération lente au moulinet remportent la palme d’or des touches.

Si des moulinets avec des ratio de 5:0, voir 6:2 sont parfaitement adaptés pour cette pêche d’été, à titre personnel un ratio de 7:2 comme sur le Super Duty 300 ne me pose pas de problème : il faut simplement adapter son rythme et c’est, je trouve, un avantage lors des combats :on ne s’excite pas sur la manivelle, zen attitude.

Bien évidemment, le leurre souple est tout désigné pour ce type de pêche.Les Nitro shad (une base indémodable en Extremadura), Replicant, Super Slickshad, Pro grub, Wingman, Pro shad, Pig Shad, Giant ripple, Wolfcreeck shad, One up, etc….avec des tailles comprises entre 140 et 230 mm ont trouvé place dans les Stack and Store.

Pour les leurres sans plombée interne, il faut prévoir des TP entre 21 et 35gr.

Par exemple : un Nitro shad 150 avec une Nitro Head de 28 gr est un bon compromis ou un Super Slick Shad 18 cm avec une HD jighead de 24 gr ou une Dragon big game 25 gr (top qualité).

Enfin pour compléter le montage,un stinger dorsal peut s’imposer à condition de respecter la qualité de nage du leurre pour les pêches à gratter. A contrario,le triple ventral en 360° est à privilégier dans les pêches décollées.

Dès le premier jour, Bastien nous recommande un leurre de chez Storm dont le grammage n’est pas au catalogue Rapala 2020 en France: le wildeye swim shad 150mm 62 gr , ce n’est pas une nouveauté, mais …c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure confiture. Avec en second choix le classique Nitro Shad 150.Pour les couleurs, on reste dans la tendance Extremadura: les nuances de bleu ou de marron.

Ce leurre présente trois avantages dans ce type de pêche :

– il coule vite,

– sa plombée interne le rend très confortable dans les pêches à gratter où l’on peut compter tous les cailloux présents sur le fond. Ce n’est pas le cas avec les Nitro Head où le choc métallique ressenti dans la canne fini par être désagréable. Le phénomène est moindre avec des TP rondes, mais n’égalent pas le confort de la plombée interne,

– il s’anime bien à très faible vitesse de récupération. J’ai essayé des Replicant Wobble14cm/18cm, des Jointed en retirant le triple ventral, mais leur nage optimale nécessite une vitesse de récupération non adaptée aux conditions de pêche rencontrées.

Le point critiquable (et encore…) de ce leurre est la position de l’hameçon simple entraînant quelques ratés sur les attaques en tête et l’impossibilité de mettre un triple voleur afin de conserver une nage optimale.C’est à relativiser et lorsque les brochets sont joueurs plus que mordeurs sur les leurres, je ne pense pas que transformer son souple en porc-épic soit la solution idéale pour nos carnassiers.

Nous débutons sur Orellana. Pour les premiers lancers nous adoptons classiquement une alternance des leurres et couleurs entre les pêcheurs, tout en respectant les recommandations de Bastien: Nitro Shad versus Wildeye Swim Shad. On s’apprête à quitter le premier poste faute de touche, les derniers lancers sont annoncés….et me voici pendu avec un 84 cm sur un Nitro Shad.

Le reste de la matinée est calme… on se dirige doucement vers la pause.

Juste après le pique-nique à l’ombre du Puente Cogolludo, quelques échos de brochets sont repérés dans les 8-10 mètres malgré l’absence de boule de fourrages :cela va nous changer du grattage…Je lance un Super Slick Shad uv bleak 18 cm plombé en 24 gr dans le calme d’une pile du pont, 12 secondes de descente et quelques tours de manivelle sur le Super Duty300 plus tard…un 99 cm est pendu.

Dans la chaleur de l’après-midi,Patrick ne fléchit pas et touche un 98 cm…

…puis en fin de journée un joli 90 cm.

Après une belle journée (une taille moyenne des onze captures bien au-delà des 80 cm) avec des touches de qualité engendrant très peu de ratés, mais avec un incident de vessie natatoire (qui se finit bien suite à l’intervention de Bastien), nous souhaitons manipuler au minimum les poissons. Tant pis pour les photos, les images resteront dans nos petites têtes :on privilégie les décrochés sans sortie de l’eau, et seules les améliorations sont mesurées….Le soleil cogne et même si on humidifie le tapis de mesure, en dessous la moquette du bateau est brûlante; mes plantes de pieds en portent encore les traces…

Le lendemain,même programme sur Orellana: on est remonté à bloc.« Jean qui pleure et Jean qui rit » sera le poème du jour :les brochets, mais aussi les sandres sont très joueurs avec nos leurres : poussette, pincement voir coupe à ras du paddle, marque de dents juste sur la partie ventrale de la tête,etc…ils nous sortent la panoplie complète du pénible de service, capable de faire manger sa casquette au guide….

En réponse, on affine les techniques:

– pêche décollée du fond, animation des leurres en dent de scie ou au moulinet, triple ventral, changement de vibration,

– double dose d’attractant Megastrike pour tout le monde, changement avec du Nitro Booster Cream ail ou crustacés,

– up sizing, changements des couleurs en essayant de coller au mieux aux variations de la luminosité intraday,

– j’ai même l’autorisation d’essayer une S runner 24 gr avec une Boggie Craw 100 en trailer, type de leurre peu utilisé pour le brochet dans un lac pourtant gorgé écrevisses.

Nada….Bilan : 3 poissons au bateau à 18h30, 4 swim shad transformés en slug et un nombre de touches ratées indécent.Reste le coup du soir…Un Divinator 55 gr va débloquer ma situation sur une pointe, touche lointaine et discrète, peu de réaction sur le ferrage :j’annonce « un gros sandre ! »….Errare humanum est, 96 cm de mea culpa et une tournée en prime…

Un début d’explication à tous ces poissons ratés :

– option 1 :nous avons été mauvais,

– option 2 :une météo défavorable ;nous basculons en douceur sous les 1010/1015 hPa,

– option 3 :option 1 + option 2.

Le lendemain nous serons sous les orages, ce qui perturbera l’activité des carnassiers durant plus de 48 heures, mais offrira un nouveau coup du soir sympa avec le big fish de la semaine 105 cm sur un swim shad.

C’est toujours un vrai bonheur de toucher un tel poisson, mais mon coup cœur revient au 99 cm pour le lieu de la capture, l’action de pêche, le combat et la beauté du poisson.Nous ne sommes pas en compétition, ni dans une cours d’école….et vous le savez bien, question plaisir :il n’ y a pas que la taille qui compte !

A propos de taille avez-vous une idée de l’âge d’un brochet métré ?

Si en France on admet généralement 7 ans, ici c’est un autre monde. Il y a 5 ans, Sébastien avait prélevé des écailles sur deux brochets de 101 cm pour une étude scalimétrique à l’INRA : bilan des poissons âgés de 4,5 ans, une croissance inégalée dans le monde, à l’exception de certains secteurs en Baltique.Un cocktail nutritif composé d’eau chaude et de régime hyper-protéiné à base d’écrevisses et d’hectares d’ablettes. Espérons que le sandre, en pleine expansion au détriment des ablettes puisse égaler cet apport alimentaire pour Maître Esox. Lors de la capture de certains brochets, nous avons pu constater la régurgitation de sandres de 20/25 cm.

On avance doucement dans le séjour, on passe une journée difficile sur Garcia Sola.

Un lac toujours aussi magnifique, moins régulier qu’ Orellana, fonctionnant en mode on/off, quelques prises en sandre et brochet dont un en verticale au finesse Flex Vamper 5,5 smelt. Une dernière matinée de pêche sur Orellana nous offre quelques poissons au bateau dont un doublé puis un 100 cm à Patrick : un joli clap de fin.

Un séjour pêche en plein cœur de l’été en Extremadura, c’est chaud, mais la taille moyenne de capture des brochets ne peut que nous inciter à revenir à cette période de l’année.

Merci les gars, c’était top !

A suivre partie 2: les autres pêches du séjour.