Bonjour à toutes et à tous,


Nous voici de retour en Espagne à Orellana la Vieja ….Encore, vous allez me dire.
Que voulez-vous ?…
lorsque les guides sont devenus des amis,
lorsque le lieu est une destination de choix pour les carnassiers,
lorsque votre emploi du temps pro ne vous permet pas d’être régulièrement au bord de l’eau,
lorsqu’à chaque touche vous êtes susceptible d’être attelé à un métré,
alors OUI, les kilomètres valent largement le détour !

Mais ce séjour était un peu particulier, « une séquence émotion », puisque nous accompagnions une personne dont le nom a baigné mon enfance de pêcheur, un ancien guide de pêche qui a voyagé aux quatre coins du monde, avec une affinité particulière pour l’Irlande et Drumshanbo, qui fut directeur de l’école française de pêche entre autre…


… c’est Yvan Drachkovitch : le frère d’Albert, à l’origine de la célèbre monture dont l’idée lui est venue sur les bords de Loire en observant le comportement d’un sandre face à un vers de terre, dixit Yvan.

A propos de sandres, ils se portent à merveille sur Orellana. En ce début juillet, ils ont à leur disposition un stock d’alevins à son optimum de l’année mais relativement dispersés.
Au sondeur, nous observons des bancs importants d’alevins de sandres dont les parents se gavent, mais également des boules d’ablettes conséquentes, ce qui fut une agréable surprise et peut-être le premier signe du début d’un rééquilibrage des poissons fourrages depuis l’arrivée du sandre. Les échos nous indiquent des poissons majoritairement collés sur le fond, avec quelques gros spécimens suspendus.
Malgré la forte luminosité et des eaux claires, certains individus n’hésiteront pas à monter au bateau pour suivre les leurres en pleine journée. N’oublions pas qu’avec une eau de surface à 23/24°C, nous sommes dans leur zone de préférendum thermique.


Nous pêchons essentiellement en linéaire, ce qui permet une prospection rapide des spots, en suivant/grattant lentement le fond. Avec une action de pêche à 8/12 mètres, nous montons des TP football 10/14 gr bien adaptées aux fonds rocheux. Des leurres de 90/100 mm, taille en phase avec le format des baby sandres recrachés lors des captures, assurent la majorité des prises.


Ma boite de Slick Shad oubliée à la maison … Quatre leurres assureront le job :
le Shadura : une belle imitation d’un petit poisson avec ses pectorales dont la présentation par couleur d’eau est pertinente,
le Sick Vibe : avec sa longue queue et son fin paddle, il excelle dans la pêche à gratter très lente,
le TT shad :  sa segmentation apporte des mouvements latéraux amples, même à faible vitesse,
l’Easy Shiner : une valeur sûre.


Pour les couleurs, rien d’exceptionnel : les classiques brown, ayu, salt and pepper sont toujours de mise sans négliger le white. Si le blanc supporte l’opacité, pour les autres coloris, la transparence avec quelques paillettes fera la différence associée à un contraste dos/ventre marqué.


Les plus gros sujets, souvent pélagiques, commencent à assurer des prises régulières au-delà des 70 cm et à l’heure actuelle, les records approchent les 80 cm…Yvan assurera les deux plus gros du séjour, dont un pélagique avec un Rapala Magnum Countdown.


Globalement, nous n’avons pas connu de pic d’activité sur ces sandres, avec 1 à 3 poissons par spot, sans créneau horaire particulier. Nous pêchons donc rapidement les postes composés de zone de changement de fond : pointes, cassures ou plateaux.
Yvan, ayant des montures dans sa boîte, la tentation de promener une ablette du lac au-dessus des sandres fut grande mais c’est interdit. Dommage !!…

L’avantage du secteur d’Orellana la Vieja, c’est également la possibilité de varier les pêches. Yvan n’ayant jamais pris de Barbeaux en Espagne, nous passons une journée sur La Serena. Du powerfishing pur et dur, où la précision du lancer au ras de la berge conditionne largement la possibilité de touche réaction au tomber. Ce sera une séquence émotion avec des touches en surface au popper,


et plus en profondeur avec les Deep Diving Chubby 38.


Pour les couleurs, habituellement les coloris vairon, ayu, ablette sont à privilégier. Mais nous allons enchaîner les touches avec le popper Fire Tiger d’Yvan (modèle ?) ou des Deep Diving Chubby  red craw et UV secret red craw sur toutes les espèces de barbeaux. La coloration verte des eaux, non constatée les années précédentes est peut-être l’explication de ce changement dans la pertinence des coloris.



Avec un Black Bass de 47cm en bonus sur un chubby secret red craw, qui sera le coloris le plus régulier en terme de touches sur les trois premiers quarts de la journée, avant que le red craw ne devienne plus pertinent.



Pas toujours facile le métier de guide 😊

L’été, c’est la période idéale pour les gros brochets, et encore une fois nous avons été servi. La taille moyenne des captures est au-delà des 90 cm, du pur qualitatif nécessitant un ponçage systématique des zones.
Voici la star du séjour, un joli 107cm pris en grattant le fond au cours de la plage horaire la plus intéressante de la semaine : 12h15-13h30.


Un combat rondement mené avec un combo Bone BVS764XXH-Dawai Ballistic LT3000 CXH alliant à la perfection légèreté, puissance et réactivité avec une tresse Varivas max power PE X8 Pe2 et un bas de ligne Fluorocarbon Leaders Fox Rage 75/100.

Et le plus petit du séjour… 82cm


Pour la technique, c’est à la base du linéaire lent, voire très lent sans animation :
soit en comptant les cailloux sur des fonds de 8/12 mètres,
soit sur des zones plus profondes en peignant la couche d’eau comprise entre 6 et 10 mètres.


Question leurres, les Nitro Shad 150-180 semblent plus motiver les sandres que les brochets durant ce séjour.
Le Wildeye Shad 62 gr ne quittera plus Patrick durant la semaine, suite à son 107cm du 2éme jour, lui assurant une pêche en toute confiance, malgré un nombre de touches limité.


A titre personnel, j’aime alterner les leurres et les couleurs au cours de la journée.
Pour l’anecdote en pêchant le sandre avec un leurre de 4’’, je me suis fait attelé par un 94 cm lors d’une longue phase de posé sur le fond … geste hautement technique, afin d’observer les échos sur le sondeur !! Un combat sympa, tout en souplesse avec la Benkei BIS 722 MH/FLE équipée d’un bas de ligne Drop’n Jig Fluorocarbon de 25/100 et gagnant grâce à un leurre piqué en extrémité de gueule. Un Sacré coup de chance sur tous les plans !


Pour les pêches décollées, j’ai régulièrement fait tourner des Replicant Wobble 18 et 23 cm,  Jointed 18 cm et des Realistic Trout Jointed 18 cm, sans grand succès au départ. Bien que sur un autre bateau de Pesca Extremadura, Fred et Roro (Amicales Salutations, les gars du Sud-Ouest 😊) ont régulièrement touché avec des Replicant Jointed et Divinator.


Le dernier jour, nous retrouvons une activité quelque peu différente : les brochets montent plus haut dans la couche d’eau, acceptent des animations linéaires plus rapides, toujours sur le « coup de midi ».


Mais nous profitons d’un second pic d’activité, vers 17h00 (constaté également par Fred et Roro), où j’enchaîne deux brochets avec un Replicant Wobble 18 cm Stickleback, systématiquement coffré.


Globalement, peu de touches de brochets de l’ordre de trois à cinq par jour sur le bateau dans une tranche horaire assez restreinte, mais des poissons mordeurs avec un seul raté, aucun décroché et une majorité de 90 + grassouillets.

Pour les leurres souples : la transparence ventrale avec un contraste dorsal dans les tailles 150-180 et un profil haut ont été les grands gagnants du séjour sur les brochets.
Pour les cannes, la Terminator Swimbait Special (ancien modèle) était restée en France, au profit d’un combo  Benkei BIC 80XXH/FLE -Super Duty Wilde dans l’optique de lancer des leurres de 23-25 cm. C’est une superbe lanceuse, très confortable avec le profil du Wilde et 155 gr passent sans problème.

Une seule déception, Yvan n’a pas battu son record espagnol brochet, le voir combattre un trophée en spinning sans anti-retour avec le seul contrôle de la manivelle eut été un grand moment de pêche !…mais pas d’inquiétude Yvan, nous y retournerons ! 😊

Un grand merci à nos 3 guides Pesca Extremadura : Bastien, Romain et Sébastien, ainsi qu’à Alexandre,

Une belle rencontre avec Fred et Roro,

Et si vous cherchez une destination pêche pour l’été, c’est l’époque des big à Orellana la Vieja…

Au plaisir de se croiser au bord de l’eau.