L’histoire d’une pêche… pourquoi celle-ci ? Probablement parce qu’elle parle de sandre et que j’ai beau me diversifier tout azimut, je ne m’en lasse pas et j’y reviens. Cette sortie date de novembre et à vrai dire c’est la seule que j’ai faite avec de l’eau trouble. Je suis accompagné de Thierry, qui a répondu présent la veille pour le lendemain, après avoir libéré un créneau en milieu de semaine. La destination sera le Rhône.

Le contexte hydrologique est fluctuant. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler une crue puisque le débit dépasse tout juste le débit moyen annuel mais après de longs mois d’étiage sévère ce retour de l’eau est plus qu’attendu. Un ami m’avait indiqué que la veille l’eau était encore assez claire, avec une transparence de l’ordre d’un mètre, mais qu’on devrait bénéficier de l’arrivée d’un flux de Saône dans la journée. N’ayant pas eu le temps d’étudier la question, j’espère qu’il a raison.

L’arrivée sur place n’est jamais très matinale lorsqu’on vient des Alpes et la mise à l’eau se fait presque sous le soleil. L’eau me semble assez trouble et une rapide mesure m’indique qu’un leurre clair disparait de ma vue sous 60 cm d’eau. Fidèle à mon habitude je centrerais dans ces conditions la pêche sur une profondeur de 6 m, en zigzagant tout de même dans un premier temps entre 4 et 8 m. Dans cette gamme de profondeur, un premier poste s’offre à nous tout près, nous attaquerons par celui-ci.

Le début du poste pêche parfaitement dans cette profondeur et de fait, une première touche intervient dans un peu plus de 6 m au bout de quelques mètres de dérive seulement.

Mais la suite du poste est trop rapide alors plutôt que de repasser tout de suite en verticale sur ce petit secteur, je m’ancre légèrement en amont et décide de poser quelques lancés en linéaire.

La décision semble bonne car je prends une jolie touche pleine aval, qui se concrétise par un joli poisson.

Après quelques minutes de pêche, le démarrage est bon mais nous ne prenons pas d’autre touche sur le poste. Le jeu maintenant est de trouver un autre poste où les écoulements sont bons dans 6 m. Les débits étant au final pas très rapides, j’en ai un autre pas loin et de fait :

Et de fait :

Et de fait :

Et de fait:

Et de fait on fera des allers retours sur une dérive d’une centaine de mètres toute la matinée, avec des touches à chaque passage. Tout se joue précisément entre 6 m et 6,5 m, sur le flanc d’une pente raide. Trop près, trop loin et nous ne faisons pas de poissons mais dès que j’arrive à longer précisément l’isobathe, les touches sont au rendez-vous. A ce jeu, la bathymétrie que j’ai constituée ces dernières années est d’une grande aide.

Tout se passe ainsi jusqu’à la pause Bolino de 13h ou nous nous accordons quelques minutes pour recharger les batteries. Par contre, alors qu’on pouvait espérer que les touches allaient redoubler en laissant reposer le poste, il n’en est rien ! A la reprise, les poissons semblent avoir désertés le temps du casse-croute. L’eau parait aussi plus trouble, ce qui m’est confirmé par une nouvelle mesure : moins 50 cm et c’est sans doute encore en évolution. L’arrivée de l’eau de Saône ! Je pêche moins profond : 5m, 4m mais toujours rien, on a perdu les poissons. On se décale légèrement vers l’aval puis sur un poste proche mais pas mieux, il est temps de bouger franchement, plus en amont pour trouver des postes qui pêchent bien dans des profondeurs moindres.

Ce que j’appelle un poste qui pêche bien est un poste drainé par un léger courant dans la profondeur du jour. Le courant ne doit pas être trop faible, mais il ne doit pas être arrêté non plus. Lorsque l’on s’attaque à la pêche en fleuve, la combinaison entre le courant et la turbidité varie chaque jour si bien que chaque partie de pêche est différente de la précédente. Lorsqu’en plus le courant où la turbidité varie en cours de journée, il est important d’en tenir compte pour essayer de s’adapter.

Le premier poste que je veux faire est occupé, alors on monte sur le suivant dans la liste. Il n’est pas bien grand mais il permet de prendre un poisson. Verdict 4 m !

On switch de poste pour un qui pêche dans cette profondeur sur un linéaire plus long et les poissons répondent présents ! Jusqu’à ce que je me fasse sortir de la zone par un gros matou.

L’après-midi se termine dans 3 m, sur un dernier poste avec plusieurs poissons.

On a finalement passé la journée à jouer au chat et à la souris avec les Sandres, à débit constant mais avec une eau qui s’est troublée de plus en plus. Une chouette journée !