Vous le savez, je ne suis pas fan des agrafes, au moins sur les gros leurres. Je vous propose de regarder en détail les 2 nœuds que je réalise régulièrement pour nouer mon gros fluoro au leurre.

 

Tout d’abord je précise que je parle ici du dernier nœud, celui qui relie un fluoro entre 75 et 100/100èmes, ce qui correspond aux diamètres que j’utilise pour éviter les coupes en pêchant le broc, au leurre. Je rappelle que le fluoro/shock leader a pour moi quelques avantages qui le rendent indispensable :

 

  • Pêchant en majorité des eaux claires je suis constamment à la recherche de discrétion. Le fluoro, dont l’indice de réfraction est proche de celui de l’eau, reste alors moins visible que de l’acier ou du titane, même en gros diamètre.
  • Il forme une partie terminale rigide qui permet d’éviter les bouclages au lancer.
  • Il est suffisamment épais et solide pour « ligner » les poissons petits et moyens (les soulever par le fluoro pour assurer une prise à hauteur de main, moins aléatoire qu’une prise dans l’eau lorsque des hameçons dépassent de la gueule d’un poisson énervé.
  • On peut adapter la longueur, le recouper, le renouer, refaire le nœud, etc facilement.
  • Ces gros diamètres ont une durée de vie longue, il m’arrive de faire une saison avec un gros bas de ligne lorsqu’il est noué directement à la tresse, pour les pêches en cranking de gros leurres notamment.

 

J’utilise donc deux nœuds bien distincts. Je ne suis pas un grand technicien des nœuds, préférant toujours la simplicité et la rapidité d’exécution, mais après des années d’utilisation ils ne m’ont jamais trahi. Niveau matos il vous faut, du fluoro évidemment, une pince, une paire de ciseaux et un briquet.

– Le premier que j’appelle « nœud en 8 » est celui que j’utilise le plus souvent. Ce n’est pas un nœud qu’on m’a montré, je l’ai découvert en faisant des essais en partant du constat qu’un gros fluoro ne glisse quasiment pas dès lors qu’il est bien serré. Je n’en revendique pas la paternité, ça m’étonnerait que personne ne l’ai réalisé avant moi, mais disons que je ne l’ai pas reproduit. Pas plus simple qu’un 8, il suffit de reproduire le chiffre après avoir passé le fluoro dans l’œillet :

Un coup devant un coup derrière

La clé de la fiabilité tient dans le serrage, j’ai coutume de dire qu’il faut serrer aussi fort que l’on est bête. Perso je le serre très fort !

On coupe l’excédent

Puis on brûle pour une belle finition. J’avoue que je zappe parfois cette étape, sans pour autant rencontrer de problème. C’est une sécurité, un arrêt, au cas où le nœud ne serait pas serré à fond.

Simple, efficace, le 8 prend environ 20sec à faire.

J’utilise le 2ème pour relier les gros poisson-nageurs et les swimbaits ou les jerks. Je ne connais pas son nom, je l’appelle le nœud « tarpon » car il me semble que les guides au tarpon l’utilisent pour attacher les gros circle hooks. Si je me souviens bien c’est mon pote Gaël qui me l’a montré, sans plus de détails sur son origine que l’anecdote des tarpons. Bref, on s’en fout de savoir d’où il vient, n’est-ce pas ? Il forme une boucle donc il remplace avantageusement une agrafe. La rigidité permet de l’ouvrir et de le fermer à volonté donc il fonctionne exactement comme une agrafe. Lorsque les pêcheurs qui m’accompagnent me voient faire ce nœud, la réaction est invariablement une grimace. Ils ne comprennent pas comment ça peut tenir (moi non plus d’ailleurs !!). Mais le fait est que je n’ai jamais cassé sur ce nœud, et qu’il n’a jamais glissé. Le gros avantage pour moi est dans la liberté donnée au leurre (important au jerk par exemple) et dans le fait de pouvoir changer de leurre sans refaire le bas de ligne. Il est tout aussi simple que le nœud en 8, puisqu’on forme d’abord un nœud classique, comme le début d’un nœud de chaussure (faut savoir faire ses lacets, y’a quand même un minimum requis !). Je serre ce nœud à la pince

Puis en poussant de chaque côté je le réouvre, pour y passer l’excédent de manière à former une boucle…Je règle la longueur de ma boucle (en général un petit centimètre)…et je coupe à ras l’excédent…

Je brûle le bout…

en aplatissant bien le champignon ainsi formé avant que le matériau ne redurcisse. Je veux que le champignon soit régulier car c’est lui qui supporte la pression…

Je serre en amenant le champignon en butée, c’est lui qui tient tout le nœud !

Ma sélection de fluoro:

Autant j’ai cassé des nœuds de raccord à la pelle à cause de mes ferrages de maçon, autant je n’ai jamais eu un seul problème avec ces 2 nœuds là. Il y a bien assez de personnes qui compliquent la pêche à outrance avec des explications alambiquées, j’espère qu’un peu de simplicité rende la chose un brin plus abordable. Et effacez-moi votre historique de navigation, vous venez de passer 5min à regarder des photos de mon nœud, bande de gros dégueulasses.