La météo nous chassant des grands lacs nous prenons la direction de la rivière à côté de chez Vincent pour ce deuxième jour de tournage. Le très rapide préfishing ne m’a pas trop rassuré car hormis quelques perches entre 30 et 35 nous n’avions pas vu grand-chose (enfin si, il y a des sandres à prendre en bonne quantité mais ce n’est absolument pas le but). Enfin, c’est sa rivière, n’y ayant jamais pêché je suis obligé de lui faire confiance.

Les prévisions météo étant meilleures en soirée nous commençons tard, puisque nous sommes sur l’eau vers 10h, nous avons donc seulement deux petites heures avant le rapport de midi, il va falloir être efficace. Nous commençons sur une bordure où nous avions vu quelques poissons. La marée est haute et les digues de cailloux que nous voulons cibler sont immergées, le vent est fort et le courant encore plus, le pilotage du bateau dans ces conditions n’est pas aisé. J’opte pour un chatter Rage en 21g coloris Black&Gold, c’est une couleur régulière assez sombre que j’affectionne pour les belles perches, avec le Bleak et le table rock. Au deux ou troisième lancer une perche de 35 se pend dessus, je la droppe dans le bateau, le compteur est débloqué.

J’avais volontairement commencé sur une petite digue en amont de notre spot principal pour évaluer l’influence du vent et du courant sur la dérive, et de choisir le leurre qui va bien passer dans les amortis. Ainsi nous arrivons fin prêts sur le poste que j’estime être notre meilleure chance. Je commence par rentrer pas mal de poissons au chatter en faisant la limite des herbiers, à la zone de cisaillement avec le courant. C’est volontairement une approche agressive au chatter en descendant le courant pour tordre les poissons les plus actifs en premier. Je prends pas mal de perches mais plutôt entre 25 et 35cm. Quand je fais deux ou trois lancers sans touche je décale vers l’extérieur de l’amorti, donc un peu plus creux et les touches reprennent.

Je finis avec un leurre souple quasiment en descendant quasiment dans l’axe du courant. Un aspe vient se mélanger aux perches…

Vincent est un peu à la traîne, il découvre le chatter mais sur sa spinning ce n’est pas ultime. Il passe sur le côté avec un popper Salmo. Je le surveille quand même du coin de l’œil. Son popper n’a pas fait un mètre qu’il disparaît dans un gros bouillon! Le popper revient dans les airs sur un ferrage un peu trop hâtif…Arfff…2nd lancer seconde touche, second popper volant. Je jette ma canne dans le fond du bateau et attache le premier popper que je trouve dans sa boite, c’est le même modèle mais transparent. Je lance dans le bon axe, rien ne se passe, tandis que son popper se fait aspirer et recracher une troisième fois. Je relance, Vincent aussi, le mien passe sans encombre, le sien se fait dégommer…….Je coupe et lui pique un FT……A ce moment là toujours aucune perche en surface, alors que le règlement cette année attribut un point pour la plus grosse perche prise en surface. Un point c’est énorme quand on sait que la saison se gagne avec 3 points en général!

Au premier lancer de mon Fury Pop FT je prend une belle touche, c’est pendu…

Nous ferons une belle pêche au popper, mais encore une fois rien d’énorme, je crois que la plus grosse fait 34.

Je prends une aspiration assez discrète entre la bordure et les herbiers, qui me fait penser à une grosse perche, mais c’est à nouveau un aspe qui a avalé mon popper…

Le problème c’est que la paire de plus jolies sont montées en premier et ont été ratées, le gros de la troupe faisait entre 28 et 35. Je décide de laisser reposer, mais le retour rapportera des poissons identiques donc qui ne serviront à rien. Une fois le poste rincé nos stratégies se sont téléscopées….Vincent insiste pour pêcher les 4/5m, je voudrais faire du power entre 1 et 3m. Nous avons tous les deux nos raisons, il a confiance car il pêche principalement en traîne et la zone des 4/5m est celle où il pêche tout le temps (c’est celle où son crank effleure le fond et pe^che le mieux), il a forcément la plupart de ses belles perches qui viennent de cette frange de profondeur. Je tends vers la prospection rapide car je ne connais pas la rivière, c’est la pêche qui me permettra de couvrir du terrain et peut-être de croiser la route d’un banc de belles perches. Nous passons donc une paire d’heures dans 4/5m, comme je le pensais c’est une bonne profondeur pour les sandres!

Puis on part en prospection, au bout d’un moment sur une cassure mon chatter se fait aspirer par un beau poisson, c’est une perche de 44cm, c’est le gabarit de poisson qu’il nous faut!

J’ancre le bateau immédiatement, le bouton d’ancrage sur la pédale de l’Ultrex est vraiment génial pour ça. C’est Vincent qui en premier relance dans l’axe et il pique une grosse perche (même gabarit, c’était un banc de quelques poissons), mais malheureusement il la décroche, fin du bal, nous ne les retrouverons jamais.

Le reste de la prospection est vraiment dur, quelques sandres, un ou deux brocs. J’ai beau essayer différentes options comme les structures verticales à l’étale (à la renverse de courant). Nous devrons nous contenter de cette pauvre pêche, la journée est ratée. Il y avait peut-être un coup à faire mais nous avons été un peu maladroits. Je pense que le principal problème a été un mauvais choix de secteur. Il faut garder à l’esprit que des grosses perches, il y en a quasiment partout en Hollande, mais dans ces conditions de chaleur extrême depuis plusieurs semaines il faut quand même une somme de critères pour trouver un parcours porteur. Le peu de préfishing nous a été fatal.

On discute rapidement le soir pour décider de la destination du lendemain. Vincent préfère la rivière, je mets la pression pour retourner sur le lac. Je suis vexé d’avoir trop vite changé de lac le premier jour, il est hors de question de finir ce Perch Pro sans prendre un point!!

La suite bientôt. Retrouvez les épisodes 3 et 4 ici: