C’est ma 5ème participation au Predator Tour, la plus prestigieuse compétition Européenne de pêche des carnassiers. Hormis le fait qu’elle se joue à guichets fermés (120 places, que l’on doit gagner d’une année sur l’autre, et une liste d’attente longue comme le bras), c’est surtout par son format qu’elle se démarque.

Ici pas de poisson au vivier, tout sur une appli. On réduit- au max les manipulations des poissons, on les relâche aussi vite qu’en pêche loisir, et le classement en live est très prenant, y compris pour les gens qui souhaitent suivre le classement live depuis chez eux. Le règlement est simple, départ en ligne pour les 110 bateaux (c’est un point de règlement qui devrait évoluer car je trouve cela un peu dangereux), et 3j pour prendre 3 brochets, 3 sandres et 3 perches les plus gros possibles. Il faut les 3 brocs pour que le reste compte, et les 3 sandres pour que les perches comptent.

Après avoir fait équipe avec Gaël, Micka Weill ou encore Quentin Dumoutier, c’est cette année avec JMB (Alias Pinot) que je ferai équipe. Nous profitons de quelques jours de pêche avant pour tirer les grandes lignes. Ayant roulé toute la nuit j’attends mon Pinot de bon matin au bout du ponton et profite d’un beau lever de soleil au bord de l’eau. Un break attendu depuis des mois!

Je décide de valider l’option perche qui n’était qu’une formalité l’an passé, mais au bout de quelques centaines de mètres de dérive toujours aucune zébrée à l’horizon. La végétation est en retard et les perches semblent dispersées. Premier point de blocage. En jetant des leurres à perche on constate néanmoins que les brochets ont le feu! Un ou deux sandres se rajoutent aussi…

On va alors essayer de trouver des zones où les 3 espèces sont bien présentes puisqu’aucune stratégie crédible ne se dégage pour nous pour les perches. C’est comme ça que rentrent quelques poissons, dont un invité surprise qui m’aura fait une belle touche à l’impact du crank!

A vrai dire il est plutôt compliqué d’éviter les brocs, on se dit même qu’en les pêchant spécifiquement avec des leurres plus gros il y aurait moyen de faire une grosse pêche…

Je prends quand même un 115 sur mon crank à perche, c’est cadeau…

On passe une belle première journée, mais je ne peux pas en dire autant de la nuit! On loge dans le tout nouveau lodge de pêche de Willem Stolk, duquel on accède directement au lac. Un endroit de rêve…

C’est tout neuf, tout propre, tranquille…faut juste pas partager une chambre avec Pinot. Il a tellement ronflé que je suis passé du sifflement au coup d’oreiller dans sa gueule sans transition, pour finir avec ma couette à l’arrière de ma voiture. Petit stress en traversant la cour en caleçon à 3h du mat, le chien de Willem est du genre pas commode et je ne parle pas couramment le Néerlandais canin.

Bref, les journées sont belles et les nuits horribles, je ne dormirai pas dans un lit de la semaine, ce qui n’a pas l’air de gêner Pinot…

Les brochets sont vraiment faciles, les sandres rentrent régulièrement en pêchant le broc….

Et il est toujours possible de les faire en verticale en nombre mais avec une taille moyenne plus faible. Quant aux rares perches, elles semblent coffrer aussi bien les leurres de 18 que les leurres qui leurs sont destinés. En témoigne cette 51 au Pro Shad 18, s’il vous plaît…

Historiquement pour faire un résultat au Predator il faut en moyenne 3 perches de 45, 3 sandres de 70 et 3 brocs de 95/100, ça ne gagne pas mais c’est pas loin. On rentre d’ailleurs pas mal de brocs dans cette frange…

Les sandres que l’on prend se rapprochent de ça, ça laisse bon espoir. En 3 jours on devrait bien faire 3 perches honorables, reste les brocs, mais ils mordent vraiment au prefishing, ce qui ne nous laisse pas entrevoir de vraie stratégie. On commence donc avec des leurres de prospection rapide dans des profondeurs plutôt faibles. On prend quelques petits brochets mais à part quelques très gros suivis ce sera tout, un joli sandre…

Et une ou deux perches…Ce qui fait qu’en fin de première manche on est assez loin, tout en sachant qu’il est fréquent au Predator que des équipes du top 10 se retrouvent 80èmes à l’issue des 3 jours. Pas de stress donc. Le lendemain sera mis à profit pour boucler les sandres, en ralentissant un peu la pêche ce sera chose faite assez rapidement.

On boucle aussi les perches avec une moyenne décente (2 fois 43 et cette 48)…

Il nous reste donc la dernière manche pour pêcher les brocs, puisqu’on en aura vu des gros (un 115 est venu m’éclabousser au bateau), mais pas pris. C’est sans compter que le 3ème jour est toujours plus dur, surtout que le sympathique vent a été remplacé par une pétole de compétition. Je passe deux heures à faire du Replicant 23 Jointed mais la seule touche que je prends est un pauvre 65. Une ou deux victimes au Fatso aussi mais toujours de la même taille. JMB améliore un peu avec un 92 au Pro Shad…

Puis je perds un vrai gros sur casse qui nous aurait permis de rentrer dans le top 10. J’améliore un brin avec un sandre de 71…

Aucun regret car même avec le gros ça ne suffisait pas du tout pour un podium. Une 25ème place sur 120, c’est ce dont il faudra se contenter. Les 3 quotas permettent quand même d’être qualifiés d’office pour l’édition 2020, c’est déjà ça! Il faudra faire mieux! Un grand bravo aux équipes Françaises en tous cas, qui ont assuré à ce Predator.