C’est maintenant devenu un rite, chaque automne je prends la route du Sud de l’Espagne pour passer une semaine à pêcher les lacs d’Extrémadure, à environ 2h de Madrid. A chaque fois le prétexte est le même, une compétition à la fin de la semaine, la Lucio Cup.

Cette compétition n’est pas une fin en soi mais plutôt la cerise sur le gâteau, l’essentiel restant évidemment de passer une semaine entre potes, sans filtre et loin de tout. Un chalet en bois au bord de Cijara, pas de réseau téléphonique, surtout pas d’internet (un bout de connection dans le village à 7km), du chorizo, la pêche comme seul programme…il en faut peu pour être heureux!

Nous pêchons donc habituellement au cours de cette semaine 3 lacs en enfilade sur le Guadiana: Cijara, Garcia Sola et enfin Orellana. L’année dernière a été excellente sur la bass à Cijara et nous avons aussi pris de gros brochets. Garcia nous a permis de prendre beaucoup de brochet en cranking et en verticale pélagique ainsi que quelques bass. Quant à Orellana, c’est la destination phare d’Extrémadure pour le brochet. La pêche y étant interdite 2 semaines avant la Lucio nous n’y pêchons que pour la compétition. Je pars donc de Sallanches le vendredi matin pour récupérer mon ancien bateau à Guéret (le mien n’étant pas opé pour le moment), et je file direct pour les 1200km restants…

Les copains Seb et Nico Noël partent de Paris à peu près au même moment, ce qui fait qu’après une quinzaine d’heures de routes on se retrouve sur l’eau à Cijara en fin de matinée.

Je pêche seul avec pour objectif de trouver quelques pistes intéressantes avant la pêche du lendemain, lorsque les derniers larrons seront arrivés (Mick Weill, Sylvain Garza et Matt Vieilhescazes). Je vais donc alterner leurre de surface, verticale, power fishing, bref, un eventail de techniques très large pour cerner ce qui nous permettra de prendre quelques touches. Je prendrai 2 brochets même pas gros et 3 ou 4 bass, rien de fou. Seb fera 2 jolis bass mais dans l’ensemble c’est dur, pas besoin de se concerter pour décider de tenter le barrage du dessous le lendemain.

On se retrouve donc tous en soirée à Puerto Rey, au troquet chez Cardiel, autour d’une assiette de jambon et d’un rhum coca…

Tout le monde est fatigué, et partant pour une bonne nuit de sommeil. Nous arrivons sur l’eau vers 10h le lendemain. Là encore il faut tester plusieurs pistes. Je fais équipe avec Matt. Je n’ai pas le temps de lancer qu’il ferre un gros bass en linéaire au premier lancer, « tout est allé trop vite », le type n’était pas prêt et le décroche. Il baisse les yeux sur le sondeur et s’exclame « mais c’est une profondeur idéale pour la verticale », il descend le shad dans ces 8m, le bateau avance doucement, au bout de 3m il prend un sandre de 50…

Nous ne le savons pas encore à ce moment là mais nous ne lancerons plus de la semaine, nous contentant de descendre un shad à l’aplomb. Nous pêchons donc en verticale, entre 8 et 10m en se fixant comme objectif de ne jamais insister sur une bonne zone, mais de pêcher un maximum de linéaire pour cerner un peu mieux le positionnement des poissons.

Au fil de la journée les leurres tournent, les couleurs de têtes plombées, le type de poste, la vitesse, pour qu’enfin se dessine une tendance sur la position des poissons et la manière de les prendre.

On rate quand même un nombre incalculable de poissons. Il faut dire qu’en multipliant les essais on est souvent à côté de la plaque, mais peu importe, c’est très enrichissant.

Quand on se rapproche de la vérité (on en est toujours très loin soyons honnêtes) le leurre est gauffré….

Quelques brocs viennent se mélanger aux sandres…

On dirait que l’explosion du sandre permet aussi aux brocs de se nourrir sans avoir à courir après les ablettes. La pêche pélagique autour des bancs d’ablettes est d’ailleurs inexistante cette année puisque les ablettes sont encore éparpillées, c’est bien dommage car ça aurait été une belle préparation pour la lucio et c’est une pêche au sondeur très plaisante. Le fourrage est principalement constitué de sandres de l’année, et la taille moyenne est sympa avec des poissons entre 70 et 80 assez régulièrement.

Hormis une paire d’heures consacrées à pêcher les bordures au chatter pour deux brochets corrects nous n’aurons fait que de la vertic. Mick et Sylvain ont quant à eux fait beaucoup plus de Bladed Jig (Chatter Fox) et on fait une pêche correcte d’une dizaine de brochets donc quelques jolis…

Cette première journée passe donc très vite et on termine sur le score de 77 poissons en se disant qu’il y avait beaucoup mieux à faire, c’est l’objectif du lendemain, et je vous raconterai ça dans un prochain post….